posts dans la catégorie 'Actualités Internationales'


Moscou relance la chasse aux Caucasiens

«Ils peuvent venir d’un instant à l’autre. Et c’en sera fini de nous. Nous crèverons en Moldavie.» Aux aguets derrière un rempart de gaufrettes, sur le marché de la Grande Vague à Moscou, Radika, comme presque tous les vendeurs étrangers de Russie aujourd’hui, s’avoue «en panique». De nouvelles lois, entrées en vigueur cette semaine, prétendent contrôler sérieusement l’immigration illégale en Russie et interdire même tout travailleur étranger sur les marchés qui, ces dernières années, étaient passés sous la coupe des  «Noirs», comme on appelle ici les étrangers originaires du Caucase ou d’Asie centrale. Les objectifs sont ambitieux, à la mesure de la terreur qu’ils déclenchent : passer, cette année, de plus de 10 millions d’immigrés illégaux, selon les services d’immigration, à 6 millions d’immigrés «légalisés». Les autorités n’ont compté en 2006 qu’1,3 million d’immigrés légaux.
Contrôle. A la Grande Vague comme sur tous les marchés, les inspections se sont multipliées, avec pour consigne d’embarquer tous les vendeurs qui ne seraient pas parfaitement en règle. Moldave installée depuis seize ans à Moscou, Radika confie : «Avant le 15 janvier, les services d’immigration ne voulaient pas nous délivrer de permis de travail. Mais depuis, nous sommes censés avoir tous nos papiers en règle ! D’ailleurs, pour nous, vendeurs, même si on obtient un permis de travail, il ne vaudra que jusqu’au 1er avril.»
Sous l’impulsion du président Poutine en personne, qui a appelé à «mettre de l’ordre» sur les marchés et à «réserver le marché du travail avant tout aux citoyens de Russie», une des nouvelles lois prévoit qu’à partir du 1er avril les marchés russes ne pourront plus compter qu’un maximum de 40 % de vendeurs étrangers. Au 1er janvier 2008, tous les vendeurs étrangers devront avoir disparu. Ainsi, les fermiers russes pourront reprendre le contrôle du commerce de détail, passé ces dernières années sous la coupe de mafias, caucasiennes pour la plupart, argumentent les autorités.
«Mais les Russes ne veulent pas travailler ! rétorque Ali, 36 ans, patron de deux petits étals à la Grande Vague. J’ai déjà essayé d’en embaucher, l’un est parti avec la caisse, l’autre réclamait un salaire énorme, même quand il venait travailler bourré !» Originaire d’Azerbaïdjan, Ali, comme beaucoup d’autres de ses collègues restés sur ce marché, a obtenu depuis plusieurs années la nationalité russe, mais il s’inquiète pour ses employés et parents restés «étrangers».  «Pour obtenir le passeport russe, il faut réunir beaucoup de documents et ça coûte au moins 3 000 dollars en bakchichs, soupire Radika, la vendeuse moldave. Jusqu’à présent, avec mon mari qui travaille aussi à Moscou comme maçon, nous nous en sortions sans permis. Mon mari n’a été coincé que deux fois. La première, on lui a pris tout son salaire ; la seconde, il a dû donner son téléphone portable. Je ne sais pas ce que nous allons devenir.» (…).

 

Lorraine MILLOT

Libération 17 janvier 2007

Les minorités dans les universités américaines

Pour exprimer combien il se sent isolé sur ce campus californien où prédominent les Blancs et les Asiatiques, D’Juan Farmer arbore un tee-shirt avec cette inscription : « Got Black Students ? » (« Avez-vous des étudiants noirs ? »). Ce jeune Afro-Américain, qui veut devenir médecin, a grandi dans un quartier de Los Angeles et il est le premier de sa famille à faire des études supérieures. Il est aussi l’un des 96 Noirs (dont 20 athlètes) à avoir été admis en 2006 à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), sur une promotion de 4 852 nouveaux : soit 2 % des effectifs – alors que les Afro-Américains comptent pour environ 10 % de la population du comté. C’est le pourcentage le plus faible depuis 1973, au point que certains s’indignent de cette statistique infâme, brandissant la liste des « Infamous 96″.

 

A la rentrée, la faible participation de ces minorités, que l’université californienne définit officiellement comme « sous-représentées » (Américano-Indiens, Afro-Américains, Chicanos et Latinos), a alarmé étudiants et responsables et ravivé le débat sur l’affirmative action ou « discrimination positive », qui agite la Californie depuis plus d’une décennie. Les chiffres sont particulièrement alarmants à l’UCLA, l’un des trois campus les plus importants, par le nombre d’étudiants, et les plus compétitifs du système universitaire public, avec Berkeley et San Diego. Et tous les campus enregistrent des baisses significatives des inscriptions de certaines minorités, dix ans après l’adoption de la Proposition 209 qui, en 1996, a interdit tout traitement préférentiel basé sur la race, le sexe, la couleur, l’appartenance ethnique ou la nation d’origine dans les admissions aux universités publiques. Déjà, en 1995, sous l’impulsion de Ward Connerly, un Noir conservateur qui a fait de l’élimination de la « discrimination positive » le combat de sa vie, le conseil d’administration de l’Université de Californie avait devancé les électeurs en adoptant la mesure « SP1″, qui éliminait toute préférence en faveur des minorités dans le traitement des inscriptions.Les conséquences se sont immédiatement fait sentir à l’Université de Californie. En 1995, 21 % des étudiants de première année appartenaient à une minorité sous-représentée, tandis qu’en 1998, première rentrée à ne pas appliquer la « discrimination positive », cette proportion avait chuté à 15 %. Depuis, les chiffres se sont légèrement améliorés, car les responsables universitaires, à qui la loi interdit d’appliquer des critères de race, ont recours à d’autres méthodes pour recruter les étudiants de milieux défavorisés. « Toutes les stratégies que nous avons déployées pour que nos étudiants reflètent la population californienne ont eu un certain effet, mais sont loin d’avoir résolu le problème », reconnaît Susan Wilbur, responsable des inscriptions de première année de l’Université de Californie. « Hélas, nous sommes contraints par le cadre législatif », déplore-t-elle.

 

Pour remédier à la chute des admissions des minorités, le campus de Berkeley a eu l’idée d’une approche « holistique » de l’examen des demandes d’inscription ou comprehensive review (la médecine holistique, très en vogue sur la Côte ouest, prend en considération les différents aspects de la santé d’un individu). « Désormais, la nouveauté est que, après les évaluations séparées des différents volets de la demande (notes, activités extrascolaires, motivation…), dans la phase finale, une seule personne prend connaissance de l’ensemble du dossier », explique Ricardo Vazquez, porte-parole de l’Université de Californie. « Nous pouvons ainsi évaluer l’éligibilité d’un élève, non pas seulement en fonction de ses résultats scolaires, mais en tenant compte du contexte local », ajoute-t-il. Du coup, Berkeley a redressé son taux de participation des minorités sous-représentées, et l’université UCLA, qui est à la traîne, a décidé d’appliquer cette « méthode holistique » pour ses admissions dès la rentrée prochaine. Et pour intéresser et recruter les étudiants les plus démunis, tous les campus font désormais des efforts de communication auprès des écoles secondaires qui envoient peu d’élèves à l’université. « Quel est le rôle d’une université publique, financée par les contribuables, et donc les minorités, dans notre société ? », demande Frank Gilliam, professeur de sciences politiques à UCLA : « C’est de servir le bien public ! Alors il faut surveiller la composition de ces institutions qui vont former les cadres, les médecins, les leaders qui, demain, vont retourner servir leur communauté. Nos effectifs doivent être au grand complet, sinon l’Etat en pâtit. »

 

Cet universitaire se dit même favorable à une révocation de la Proposition 209, tout en reconnaissant que l’opinion publique n’y semble pas disposée pour le moment. En novembre, le dixième anniversaire de l’adoption de la Proposition 209 a été marqué par des manifestations d’étudiants clamant : « Hey, hey, ho, ho ! Prop 209 has to go ! » (« A bas la Proposition 209 ! »), mais qui n’ont pas été très suivies, même à Berkeley et à l’UCLA.
En revanche, les opposants à l’ »affirmative action » sont de plus en plus nombreux. En novembre, les électeurs du Michigan ont banni, lors d’un référendum, la « discrimination positive ». Et l’American Civil Rights Coalition, dirigée par Ward Connerly, entend bien présenter et soutenir d’autres référendums contre l’affirmative action dans neuf Etats (Arizona, Colorado, Missouri, Nebraska, Nevada, Oregon, South Dakota, Utah, Wyoming) aux élections de novembre 2008. Les restrictions contre la « discrimination positive » menacent aussi les écoles primaires et secondaires. La Cour suprême va examiner un recours impliquant de tels programmes dans les écoles de Seattle et de Louisville, ce qui pourrait affecter les 54 000 élèves des écoles publiques de Los Angeles qui sont admis dans des magnet schools. Ces « écoles-aimants » acceptent des élèves d’autres quartiers, afin d’encourager la diversité raciale. Une décision négative de la Cour suprême les renverrait dans leurs écoles de quartier, où existe une forte ségrégation.

 

Claudine Mulard
Le monde 10.01.07.

 

 

 

 

Les Chinois les plus démunis continuent de s’appauvrir

Le « miracle » économique chinois a son revers : si le taux de croissance soutenu des dernières années a permis à plusieurs centaines de millions de personnes de s’extirper de la pauvreté, les écarts ne cessent de se creuser entre les plus riches et les plus pauvres de l’empire du Milieu. Selon le nouveau responsable en Chine de la Banque mondiale, David Dollar, le régime de Pékin avait certes par le passé réussi à réduire le nombre de pauvres dans certaines régions, mais aujourd’hui la situation a changé : « Plus de la moitié des pauvres en Chine ne vivent plus dans des villages officiellement désignés comme zones de pauvreté, a-t-il affirmé vendredi 1er décembre. En fait, 70 % des plus bas revenus de Chine ont vu leur pouvoir d’achat baisser ces dernières années. ». Entre 2001 et 2003, si l’on en croit les chiffres de la banque mondiale, les 10 % des Chinois les plus pauvres se sont ainsi appauvris. De plus, si les plus démunis se trouvent aujourd’hui partout dans le pays, la pauvreté reste malgré tout un problème paysan. Le parallèle est saisissant : un taux de croissance de 10 % annuel depuis le début du siècle correspond à une décroissance de 2,5 % du revenu de ces 10 % de Chinois les moins riches. Sur 1, 3 milliard d’habitants, 130 millions de personnes survivent avec moins de 1 dollar par jour (contre 377 millions en 1990). Résultat, le produit national brut (PNB) de la République populaire ne cesse d’augmenter et la classe moyenne supérieure ne cesse de s’enrichir au détriment de ceux qui ne cessent de s’appauvrir… Comme le précise encore M. Dollar, « il suffit d’aller à 100 kilomètres autour de Pékin pour trouver des villages où, même s’il n’y a pas un fort taux de pauvreté, plusieurs familles sont très pauvres. ». Quant aux migrants, poursuit-il en faisant référence à plus d’une centaine de millions de paysans venus trouver du travail dans les villes, « ce sont les personnes relativement les plus pauvres du pays ».

 

DISPARITION DE LA « SÉCURITÉ SOCIALE »

 

Devenu la quatrième économie mondiale, la Chine doit payer le prix d’avoir accepté une inégalité croissante entre ceux qui ont bénéficié du fameux « miracle » et ceux qui ont été laissés au bord de la route du succès. Certains experts estiment ainsi que le démantèlement progressif du système de protection sociale dont jouissaient les employés d’« unités de travail » explique en partie l’appauvrissement de certaines classes sociales. Un économiste chinois, Li Zhining, précise qu’ « avant le début des réformes économiques [c'est-à-dire au commencement des années 1980], le système de sécurité sociale en Chine était déjà très fragile. Aujourd’hui, il a pratiquement disparu. Le gouvernement ne dispose donc plus de beaucoup de moyens pour faire face à ce creusement des inégalités. Je pense que la disparité entre riches et pauvres sera un problème impossible à résoudre à court terme. ». Un autre économiste de la banque mondiale en Chine, Bert Hofman, souligne cependant que les analyses de la banque démontrent que la majorité de cette couche des plus démunis ne sont pauvres que temporairement, soit en raison d’un licenciement à la suite de la restructuration d’une entreprise d’Etat, soit d’une maladie, soit d’un événement imprévisible dans leur existence. « Seuls 20 % ou 30 % des plus pauvres risquent de le rester longtemps et encore, ils ont souvent des économies », soutient-il. Les réformes initiées à partir de 1978 par l’ancien dirigeant Deng Xiaoping ont permis à 400 millions de Chinois de s’arracher de leurs conditions de pauvres en un quart de siècle. Mais le fossé n’a, ces dernières années, cessé de s’élargir entre les revenus urbains et paysans : 8 % à 9 % de croissance du niveau de vie pour les citadins contre à peine 5 % pour les gens des campagnes. Pendant ce temps, les spécialistes de l’économie chinoise remarquent que le « boom » dont jouit l’empire du Milieu continue de profiter d’abord aux groupes étrangers, tandis que la Chine est devenue, depuis 2004, le troisième exportateur mondial, ravissant cette place au Japon.

 

Bruno Philip
Le Monde 05.12.06

Russie, xénophobie et autorités

De la Russie d’Europe (Moscou, Saint-Petersbourg) à celle d’Extrême-Orient (Blagovechtchensk, à la frontière avec la Chine) 150 000 personnes ont pris part, samedi 4 novembre, à des rassemblements xénophobes organisés par l’extrême droite dans 20 villes de la Fédération. Autorisés par les autorités, les rassemblements étaient encadrés par la police qui a empêché qu’ils ne se transforment en défilés, procédant à des centaines d’interpellations. A Moscou, des milliers de manifestants ont réclamé la fin de l’immigration illégale et la protection des « Russes ethniques ».

Depuis 2005, le Kremlin a décidé de faire du 4 novembre « la journée de l’Unité du peuple », en souvenir de la libération de Moscou de l’occupation polonaise au XVIIe siècle.

Le monde 07 novembre 2006

Les britanniques et les caméras

La Grande-Bretagne est en train de devenir une « société sous surveillance », estime la commission britannique pour l’information. Dans les rues, sur les autoroutes, dans les trains, les bus, les couloirs du métro, le royaume abrite 4,2 millions de caméras de surveillance : une pour 14 personnes. Un Londonien peut être filmé plus de 300 fois par jour.Le contrôle des Britanniques est multiforme, nourri d’une incessante collecte d’informations sur leurs comportements et sur leurs déplacements : enregistrement des mouvements des personnes et des appels qu’elles effectuent ou reçoivent ; analyse des habitudes d’achat et de consommation ; contrôle des usages de l’Internet.

Le monde, 4 novembre 2006 

 

854 millions d’affamés dans un monde plus riche

« Le nombre de personnes affamées dans le monde est loin de diminuer. Il augmente même de 4 millions par an.» C’est par cette alarme que Jacques Diouf, directeur général de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a présenté hier à Rome son rapport annuel sur l’insécurité alimentaire. Triste bilan lorsqu’on sait qu’il y a tout juste dix ans, l’objectif fixé après le sommet mondial de l’alimentation (SMA) était de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde en 2015 pour le ramener à 412 millions, soit une baisse de 31 millions par an.

«Navré.» Jacques Diouf a rappelé que les dirigeants des 185 pays présents alors à Rome avaient qualifié d’ «inacceptable et d’intolérable» la malnutrition. Depuis, rien n’a changé. Ou plutôt si, puisque le monde est plus riche aujourd’hui qu’il y a dix ans. «Aucun progrès n’a été réellement accompli. Je suis profondément navré d’annoncer que la situation est toujours « intolérable et inacceptable. »»

Libération, Dino DIMEO, 31 octobre 2006

Pologne : le ministère de l’éducation conteste Darwin

Le croquis montre un primate qui se transforme en Homo sapiens. Publié en « une » du quotidien polonais Gazeta Wyborcza, l’un des titres les plus importants de la presse nationale, dans son édition de jeudi 19 octobre, ce dessin sur les origines de l’homme est au coeur d’un incident survenu dans un lycée de Lodz, à 135 kilomètres au sud-ouest de Varsovie. Un professeur avait pensé l’afficher sur le mur d’une salle de classe. Pourtant, il est resté au placard « pour que personne n’y voie une provocation », explique la direction du lycée.

Et pour cause. Quelques jours plus tôt, samedi 14 octobre, Miroslaw Orzechowski, vice-ministre de l’éducation polonais et député de Lodz arborant les couleurs de la Ligue des familles polonaises (LPR, extrême droite ultracatholique), avait remis en question la théorie de l’évolution, celle que Charles Darwin avait exposée en 1859 dans son livre L’Origine des espèces, et que le pape Jean Paul II avait qualifiée de « plus qu’une simple hypothèse ».

La réduisant à un « mensonge », M. Orzechowski a condamné la théorie évolutionniste à n’être qu’ »une histoire à caractère littéraire qui pourrait servir de trame à un film de science-fiction ». Il a voué aux gémonies « une conception lâche d’un vieil homme non croyant ».

Pour Roman Giertych, le controversé ministre de l’éducation polonais et chef de file de la LPR, entré en mai au gouvernement à l’appel de la droite conservatrice, « la Pologne est un pays libre. Chacun a le droit d’y exprimer ses opinions ». Ce qu’il pense des déclarations de son vice-ministre ? « Je ne suis pas un scientifique, je ne peux pas juger ces propos. Je vous invite à contacter mon père, qui est par ailleurs biologiste, pour en débattre. Ce n’est pas à moi, en tant que ministre de l’éducation, de prendre position », rétorque-t-il.

« PROVOCATION »

Dans la ligne de mire de la LPR, la théorie de Darwin avait déjà, début octobre, fait l’objet d’attaques virulentes lancées par le père du ministre de l’éducation, Maciej Giertych. Eurodéputé LPR, ce dernier avait demandé le retrait de la théorie des programmes scolaires, prétextant qu’elle n’est « pas soutenue par des preuves ».

« La déclaration de M. Orzechowski relève soit d’une provocation, destinée à tester les réactions de la société polonaise, soit d’une intime conviction, celle d’un ultracatholique persuadé qu’il existe une conspiration contre Dieu et contre la vérité portée par la religion catholique », note Karol Sabath, paléontologue au Musée de l’évolution à Varsovie. « C’est la première fois à ce niveau de l’Etat, et de surcroît au ministère de l’éducation, qu’une voix condamne ouvertement la théorie de Darwin. » « Maciej Giertych, un créationniste notoire, avait déjà tenu des propos identiques, quelques années plus tôt », précise-t-il.

Comment expliquer le silence de l’exécutif polonais, notamment du parti conservateur Droit et justice, (PiS), sur la prise de position de M. Orzechowski ? « En réagissant maintenant, la droite s’engagerait dans un débat difficile », analyse le politologue Bohdan Szklarski. « En même temps, son silence renforce certains stéréotypes de la Pologne à l’étranger – ceux d’un pays trop catholique et conservateur. Mais je doute que le gouvernement actuel s’en préoccupe. »

Célia Chauffour
Article paru dans LE MONDE du 21.10.06

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